Le mot racisme a une histoire plutôt récente. Il serait apparu à la fin du XIX eme mais il fait son irruption dans le vocabulaire courant en 1924 pour désigner les bouleversements politiques qui étaient en train de se produire en Allemagne avec Hitler. On le trouve pour la première fois dans la presse française avec le journal antisémite d’Édouard Drumont, la » Libre Parole »

La » Libre Parole » est un journal ouvertement antisémite crée en 1892 par le polémiste Edouard Drumont. Le journal survivra jusqu’en 1924 et connaîtra des records de tirage en devenant le principal support des antidreyfusards pendant l’Affaire Dreyfus.
Le mot naît quand le racisme se théorise au XIX eme avec la construction des races. Avant le XIX eme la haine de l « Autre » existait mais elle reposait sur des critères différents de ceux du racisme contemporain.
Par exemple Aristote dans » la métaphysique » écrit

« Ni la blancheur de l’homme ni sa noirceur ne constituent des
différences spécifiques, et il n’y a pas de différence spécifique entre
l’homme blanc et l’homme noir »
Ce qui n’empêchait pas les grecs de considérer l »Autre », c’est à dire le barbare et de le réduire en esclavage.
Le Moyen-Age est connu pour sa haine des juifs accusés d’avoir tué Jésus, de pratiquer des meurtres rituels, d’infecter les puits pendant la Grande Peste au XIV eme siècle ou tout simplement d’être cupide.


Déjà se mélangent arguments religieux et économiques qui polluent toutes les populations d’Occident pendant des siècles livrant un terreau favorable à l’antisémitisme contemporain.
Au Moyen-Age les distinctions sont fréquentes : les lépreux annonçaient leurs venues avec une crécelle, les prostituées portaient un vêtement rayé, les croisés une croix rouge, les pèlerins une coquille St Jacques. On faisait porter aux juifs un morceau de tissu en Angleterre, en Allemagne un chapeau au bout pointu ou encore une cape en Espagne.

Mais c’est avec le concile de Latran en 1215 que le pape impose la rouelle aux juifs, un morceau de tissu rond rouge mais très souvent jaune.

On ne sait pas trop pourquoi le jaune s’impose. Selon l’historienne Claire Soussen professeur d’ histoire médiévale :
« Alors on associe la rouelle à la couleur jaune, parce que le jaune est en effet dans la taxinomie des couleurs, une couleur qui est très souvent dépréciée, qui est considéré comme la couleur de la traîtrise, comme reflétant les mauvais sentiments. Sauf qu’en réalité toutes les couleurs peuvent être négatives. Mais peut-être que c’était tout simplement parce que c’est une couleur très visible sur les vêtements.

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Le document est un des documents iconographiques les plus célèbres représentant l’arrivée de Christophe Colomb sur des terres qui seront appelées Amériques. C’est une gravure œuvre de Théodore de Bry du XVI eme siècle. Cette gravure semble dénoncer la conquête de l’Amérique et notamment l’évangélisation catholique forcée. Ce qui n’est pas étonnant puisque Théodore de Bry est protestant réfugié à Strasbourg dans un contexte de luttes religieuses. Les premières bases de la colonisation au travers d’un proto-capitalisme apparaissent sur cette gravure
- l’arrivée des colons dépeintes par les trois premiers navires de Christophe Colomb avec le débarquement des » Blancs » dominateurs et la force qu’ils détiennent avec les armes. Ce qui reflétera les violences coloniales du XIX eme siècle.
- L’échange qui se fait en sens unique puisque seul les Amérindiens donnent aux Espagnols. L’appropriation des terres et le pillage, les peuples rencontrés ne connaissant pas la propriété privée. A l’image des futurs pillages des territoires colonisés et de l’inégalité des échanges avec eux.
- Au fond certains courent, probablement ceux et celles qui fuient les massacres
- La croix planté pour l’évangélisation. Ce qui deviendra l’apport de la » civilisation » dans les conquêtes du XIX eme.
- L’image de l »Autre » montrée comme un » sauvage » qui servira par le racisme de cette représentation à légitimer les conquêtes au XIX eme

1550 : la controverse de Valladolid
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En 1520/1521 l’espagnol Cortès entame la conquête de l’empire Aztèque. Quelques années c’est Pizarro qui se lance dans celle des Incas. Les amérindiens survivants sont réduits en esclavage aux mains des premiers colons dans les plantations et surtout les mines.

Avant 1492, les historien-nes donnent une fourchette de 30 à 60 millions d’amérindiens en Amérique du Sud. Au milieu du XVII eme siècle la population serait tombée à moins de 4 millions d’habitant-es ! Ce sont les effets des guerres et des massacres des conquistadors, du travail forcé, mais aussi des épidémies apportées par les colons qui ne connaissaient pas les peuples amérindiens ( ex : la grippe). Enfin, la conquête a aussi complétement détruit les cultures Aztèques, Incas et autres. Si on utilise un vocabulaire contemporain on peut parler d’un génocide.
Au XVI eme siècle débute la colonisation de ce qui deviendra les Etats-Unis. Avant l’arrivée la population Amérindienne était estimée pour ce territoire à environ 50 millions de personnes. Avec la conquête de l’Ouest environ 90 % sont décimées. Il y a une véritable volonté d’éradiquer cette population et les survivants seront déportés dans des « réserves ». Rappelons donc que les États-Unis sont un pays fondé sur un génocide !

C’est donc face aux massacres perpétrés en Amérique du Sud qu’aura lieu cette conférence de Valladolid.
En 1550 a lieu en Espagne, à Valladolid un débat entre le dominicain Bartolomé de Las Casas et le théologien Juan Ginés de Sépulveda concernant les relations entre les Amérindiens et les colons espagnols. L’objet de cette controverse n’est pas de savoir si les Amérindiens sont des êtres humains, donc s’ils ont un âme, la question étant déjà tranché depuis 1537 et la bulle papale de Paul III » Sublimis Deus » qui interdit l’esclavage des Amérindiens et la lettre du même pape » Véritas Ipsas » qui affirme l’humanité et la liberté des peuples nouvellement découverts. Ces deux décisions papales n’auront aucun effet dans les colonies.
Le débat porte donc sur l’idée de savoir si les peuples Amérindiens sont, malgré leur humanité des » esclaves naturels ». Les deux débatteurs s’appuient sur Aristote et son idée d »esclaves naturels » c’est à dire que certains et certaines sont des esclaves parce qu’en tant qu’individus ieles le seraient naturellement ou par une convention sociale et non parce qu’ieles seraient différent-es des » Blancs ». S’ieles sont des « esclaves naturels » il serait possible de les soumettre par la force à l’autorité du colon. Pour Sépulveda ils sont des » esclaves naturels » ce n’est pas le cas de Bartolomé de Las Casas. Les deux personnages vont débattre face à un collège d’intellectuels qu’ils devront convaincre et qui tranchera.
Bartolomé de Las Casas connaît bien les premières colonies et les amérindiens puisqu’il fit parti des premiers colons et participa pleinement en tant que tel au travail forcé des populations soumises. Face aux abus des colons il renonce en 1515 à ses terres et au travail forcé. En 1522 il tente de mettre en oeuvre une sorte de colonialisme plus » humain » sur le littoral de l’actuel Venezuela. Il échouera dans cette tentative et rejoindra les Dominicains.
Les deux protagonistes sont en accord sur l’idée qu’il y a des âmes humaines supérieures aux autres et que les inférieures doivent se soumettre à l’autorité des supérieures. Tout comme les deux partagent la même idée à propos de la conversion. Le fond du débat tient surtout au fait de savoir s’il faut mener la domination et la conversion par la force ou non.
Les deux protagonistes se déclarent vainqueur et au final le roi, Charles Quint ne prend dans l’immédiat aucune décision. En effet s’il donnait raison à Sépulveda il reconnaitrait que les colons ne lui obéissent car les lois prises auparavant ne seraient pas respectées, mais, s’il donne raison à Las Casas il s’opposerait aux colons et remettrait en cause la colonisation.
Quelques années plus tard Charles Quint prendra quelques lois contre l’esclavage des Amérindiens ce qui fait dire que Las Casas est sorti vainqueur de ce débat, mais la suite de la colonisation va montrer que le sort des Amérindiens est le dernier des soucis des Européens. Mais si pour Las Casas il est possible de soumettre pacifiquement les Amérindiens il dit son contraire pour les » Maures et les Arabes », même si à la fin de sa vie il regrettera ses propos.
Face à l’effroyable des populations la main d’œuvre va très vite manquée aux colons et les états colonisateurs pour y pallier mettent en place le commerce triangulaire
B.Le commerce triangulaire

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Avec le commerce triangulaire, on parlait aussi de » traite négrière », se met en place toute une organisation proto capitaliste qui repose sur l’exploitation d’esclaves déporté-es en masse d’Afrique. Du XVI eme au XVIII ce sont plus de 11 millions de personnes qui seront déplacées comme esclaves d’Afrique vers les Amériques auxquelles il faut en rajouter 17 millions comme esclaves à l’intérieur même de l’Afrique et vers l’Océan Indien. Au XVIII eme ce système connaît ses premières crises qui permettront les premières révoltes et les premières contestations en Europe. Au XIX eme ce système s’écroulera suite aux révoltes et aux abolitions dans les pays esclavagistes ( En France en 1848 ). Dés lors si les déportations d’esclaves prennent fin dans le cadre du commerce triangulaire d’autres formes d’exploitation seront mises en place.

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Les Noirs Africains deviennent une marchandise échangée comme n’importe quelle transaction. Avec ce commerce toute une organisation économique proto capitaliste se met en place :
- les expéditions, environ 28 000 durant la traite, sont risquées et dangereuses et pour faire face à ces dangers de puissantes compagnies s’organisent afin de faire voyager des dizaines de bateaux ensemble. ( par exemple la Compagnie des Indes ). Des ports se spécialisent dans ce commerce, ainsi Nantes et Bordeaux connaissent un fort enrichissement, ou plutôt à partir du XVIII eme des industriels qui font reposer le dynamisme de leurs entreprises sur le marché des esclaves. En France pour n’en citer que quelques unes c’est AXA, La Banque de France, la caisse des dépôts, Cognac, Marie Brizard, les gâteaux nantais… ( voir : https://histoirecoloniale.net/la-traite-negriere-passe-occulte-par-les-entreprises-francaises/ ).
- Si cette traite permis l’enrichissement de grandes familles d’aujourd’hui, elle est aussi au cœur de l’essor des villes portuaires avec les commerces


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Le bilan humain est très difficile à chiffrer et fait l’objet de nombreuses controverses mais on peut s’accorder sur les chiffres suivants :
- environ 11 à 12 millions d’Africains ont été déportés vers les Amérique, auxquels il faut rajouter 17 millions avec l’esclavagisme intra Afrique et vers l’Asie
- les victimes collatérales : ceux qui préfèrent mourir que d’être déportés, les morts pendants les transports avec des émeutes nombreuses, la cruauté gratuite des propriétaires, les enfants décédés car les parents ont été déportés…en moyenne pour un esclave vendu c’est quatre collatérales. Un chiffre de 100 millions peut être avancé : en 1500 l’Afrique représente 17% de la population mondiale pour 7 % en 1900.
- C’est incontestable que l’Afrique a été vidé d’une partie de sa population contribuant à une catastrophe économique et culturelle. Dans les colonies les Noirs vont représenter jusqu’à 90 % de la population. Par exemple à St Domingue fin XVIII eme pour 546 835 habitants on a 27 717 Blancs, 21 800 Noirs libres et 495 528 esclaves. En Guadeloupe pour 108 705 habitants ce sont 13 969 Blancs, 3125 Noirs libres et 89 823 esclaves. En Guyane 14 338 habitants, 1307 Blancs, 494 Noirs libres et 10 748 esclaves.
- Certains auteurs, à l’image de Philip Curtin ou d’Olivier Pétré-Grenouilleau ont tenu pour négligeables les effets démographiques de la traite. Ils s’appuient pour soutenir cette thèse sur une estimation du nombre moyen annuel de déportés africains. Au plus fort de la traite, entre 1701 et 1800, ils estiment que près de 6 millions de captifs ont été déportés. Cela correspond à une moyenne de 60 000 départs par an, soit 0,3 % d’une population estimée par Pétré-Grenouilleau à 25 millions d’habitants au début du XVIIIe siècle. Ce pourcentage restait, selon les estimations du même auteur, bien inférieur au taux d’accroissement qu’aurait alors connu l’Afrique noire (aux environs de 1 % ?). Les partisans de cette thèse considèrent par ailleurs que « la nature polygame des sociétés africaines a sans doute eu pour effet d’atténuer voire d’annuler en bonne partie cet éventuel déficit des naissances consécutif à la déportation de la population masculine ». Cet argument a été vivement attaqué par les contradicteurs de Pétré-Grenouilleau : en dehors du fait qu’il véhicule un stéréotype raciste qui renvoie les sociétés africaines à une prétendue « nature polygame », il trahit pour ses détracteurs une méconnaissance du fonctionnement réel de la polygamie ainsi que des principes élémentaires de la démographie. Il n’existe en effet aucun lien entre natalité et type d’union matrimoniale. La polygamie, ou pour être plus précis la polygynie, ne change en effet rien au taux de natalité des femmes : elle peut même avoir pour conséquence de réduire ce taux, en instituant un délai d’isolement après chaque naissance. Pétré-Grenouilleau mentionne aussi les décès de captifs survenus en Afrique. Il estime qu’en supposant qu’il y ait eu autant de décès que de captifs déportés, cela n’aurait pu que « localement » ralentir la croissance démographique et parfois l’annuler complètement. Louise-Marie Diop-Maes adopte une tout autre approche : elle tente de comparer la population africaine du XVIe siècle, c’est-à-dire avant le début de la traite, avec celle du XIXe siècle pour estimer les effets globaux que la traite a pu avoir sur le développement démographique de l’Afrique noire. Les sources dont disposent les historiens pour effectuer de telles mesures sont extrêmement lacunaires, en partie à cause de l’absence d’archives, et pourraient le rester définitivement. Diop-Maes s’appuie principalement sur les récits des voyageurs arabes pour estimer la taille des villes et la densité du réseau urbain africain] : elle estime que la population était au XVIe siècle de l’ordre de six cents millions (soit une moyenne d’environ trente habitants au kilomètre carré). Ces chiffres constituent, dans l’état actuel des recherches sur le sujet, une hypothèse haute. La fourchette des estimations effectuées jusque-là variaient entre 25 millions (hypothèse basse reprise par Pétré-Grenouilleau) et 100 millions d’habitant]. Louise Diop-Maes estime par ailleurs la population de l’Afrique noire des années 1870-1890 à environ deux cents millions d’individus : l’Afrique noire aurait connu une réduction de sa population de quatre-cents millions entre le milieu du XVIe siècle et le milieu du XIXe siècle. Dans l’hypothèse moyenne d’une stagnation de la population africaine aux alentours de 100 millions d’habitants, Patrick Manning avance que la part de la population d’Afrique noire dans la population mondiale aurait chuté de deux tiers entre 1650 et 1850] En adoptant des méthodes d’évaluation sensiblement différentes, le démographe nigérian Joseph E. Inikori ou l’historien Walter Rodney ont eux aussi conclu que les effets démographiques de la traite négrière avaient été importants. Pour Inikori, le système économique africain de l’époque qui différait sensiblement du modèle européen n’était pas capable de faire une de telle perte humaine. Des baisses de population localisées se sont transformées en problèmes plus généraux. Sans parvenir aux chiffres avancés par Diop-Maes, Inikori estime que la traite atlantique et les diverses calamités naturelles auraient fait 112 millions de victimes en Afrique noire. Les partisans d’un effet démographique massif mettent l’accent sur les effets indirects engendrés par la traite : elle a créé en Afrique noire un nouveau système d’organisation économique et sociale qui s’est progressivement centré sur l’activité d’esclavage. L’esclave est devenu la principale monnaie des individus et des États dans leurs relations d’échange. Ce système a conduit à une recrudescence de guerres, de razzias et de rapts, de chasse à l’homme permanente qui ont provoqué l’arrêt des nombreuses activités productives que signalaient les voyageurs arabes du XIe siècle au XIVe siècle. Louise Diop-Maes cite le déclin et la fermeture des prestigieuses universités de Tombouctou et de Djenné comme indice des effets sociaux profonds de l’intensification de la demande européenne en esclaves. Elle estime que la traite a eu pour conséquence « l’éparpillement et l’isolement des populations, d’où progressivement le déclin des villes, la réapparition de la vie sauvage à grande échelle, la différenciation des mœurs, coutumes, entraînant l’émergence de nouvelles langues, « ethnies » ; d’où aussi la perte de la mémoire collective, l’ancrage de l’esprit de division, la déliquescence sociale etc. : les individus, les groupes, les communautés, vont vivre dans une méfiance excessive et morbide les uns des autres, chacun considérant l’autre comme son plus grand ennemi »
- Source Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Commerce_triangulaire
B.L’esclavagisme existe-t-il encore ?

D’après l’OIT ( Organisation Internationale du Travail) il y aurait dans le monde aujourd’hui 50 millions de personnes considérées en situation d’esclaves. Chiffre qui ne fait qu’augmenter. Officiellement tous les pays ont abandonné l’esclavage. Le dernier en date étant la Mauritanie en 1981. ( https://www.ilo.org/fr/resource/news/50-millions-de-personnes-dans-le-monde-sont-victimes-de-lesclavage-moderne ).
Qui sont les personnes réduites à l’état d’esclave ?
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Plus de la moitié sont des jeunes femmes soumises aux mariages forcés qui restent très fort dans certaines sociétés patriarcales.

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Le travail forcé est clairement défini dans les conventions internationales : voir OIT : https://www.ilo.org/fr/themes-0/travail-force-esclavage-moderne-et-traite-des-etres-humains/que-sont-le-travail-force-lesclavage-moderne-et-la-traite-des-etres-humains
On y trouve des enfants travaillant et des enfants soldats, des femmes adultes dans le cadre de la domesticité, la prostitution, l’exploitation des migrant-es lors de leurs parcours, dans de grands chantiers ex ; avec la coupe du monde de football au Qatar)….sans oublier les pays qui ont encore des camps de travail comme la Chine, la Russie…

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Aucun pays n’est épargné par cette pratique. En Asie ce sont surtout la Chine, l’Inde,le Pakistan, l’Ouzbekistan. En Afrique la Mauritanie, la Libye avec les migrant-es. En Europe la Russie, la Moldavie et l’Albanie. Même les pays les plus respectueux des droits connaissent ces pratiques : ainsi 100 cas d’esclavage ont été comptabilisé en Islande.

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En France cela concernerait plus de 130 000 personnes. Les chiffres sont très difficiles a évalué car c’est très souvent un esclavagisme invisibilisé avec une très forte proportion de femmes occupant des emplois domestiques chez des riches particuliers où dans des ambassades. Difficile à comptabiliser car pour la justice la ligne entre travailleurs exploités et travailleurs forcés est très vague. Pour le monde du travail les situations sont importantes dans les grandes exploitations agricoles avec les saisonniers, dans les autres secteurs ( BTP, Restauration…) ce sont très souvent des sans papiers. L’immense majorité étant des personnes racisées.

C.La colonisation de l’Afrique et la construction d’un racisme biologique
Citation du Manifeste de l’UCL
» Les États européens, dans leur volonté d’uniformiser les territoires contrôlés et de centraliser le pouvoir, ont construit politiquement et de manière artificielle un « corpus national » autour d’une identité définie » blanche et chrétienne » à partir d’une histoire tronquée – ce qu’on nomme roman national – excluant et opprimant les minorités ne répondent pas à ces critères.
Hier comme aujourd’hui, les minorités vivant à l’intérieur du territoire et exclues de ce » corps national » subissent la domination raciste. C’est notamment dans ce contexte que se sont développés l’antisémitisme et la rromophobie en Europe, les juifs, les juives et les Rroms étant défini-es comme la figure antinationale, racisée, désignée comme extérieure au » corps national « .
En parallèle, la colonisation de l’Amérique, puis, à partir du XIX eme l’extension de l’impérialisme colonial à l’ensemble du monde non occidental, se sont appuyées sur une définition raciste des peuples non européens. Pour justifier leur asservissement, et l’accaparement des territoires qu’ils habitent et de leurs richesses, les peuples colonisés furent désignés comme inférieurs afin d’autoriser le recours massifs à l’esclavage, à la déportation et au travail forcé pour des millions d’individus. »