Michel Touchestone

9°) les risques de faire des faux.

Un autre argument à prendre en considération et à opposer à celui des autorités françaises sur le doute systématique qu’elles posent sur les états civils maliens sont les sanctions prévues par la loi Malienne. Les documents sont bien signés par de « vrais » officiers d’état civil, de « vrais » greffiers ! de vrais  » juges » . Nous l’avons vérifié pour tous ! S’ils sont des faussaires les sanctions sont très sévères :

Comme on peut le voir les sanctions pour les personnes qui délivreraient des faux documents d’une manière délibérée sont très lourdes. Officiers et Magistrats prendraient-ils autant de risque ? Nous entendons déjà dire : oui mais au Mali la corruption est tellement forte que l’on ne peut faire confiance à personne ? On reconnaît là l’argument très méprisant des occidentaux sur les institutions des pays du Sud ! Comme si la France dans ce domaine était bien placée pour donner des leçons ! Comme si nos agent-es administratifs étaient tous d’une neutralité bienveillante ! D’une compétence qui les mettrait à l’abri de toutes discriminations! Que l’ambition, le carriérisme, mais aussi la paresse n’existaient pas chez nous ! Mais cela est un autre sujet !

Et puis, pourquoi des officiers, des magistrats prendraient-ils autant de risques s’exposant à perdre les quelques avantages liés à leur fonction pour quelques Francs CFA ? Les états civils étudiés sont ceux de personne extrêmement précaires qui n’ont sûrement pas les moyens de payer des faux. Certes si des trafics peuvent exister, dans les cas étudiés l’action de la police, les affirmations de nombreux juges en TA ou CAA relèvent des stéréotypes les plus éculés et du refus d’admettre le profond dysfonctionnement de l’état civil Malien ! Mais aussi le refus d’admettre que le Mali n’est pas la France et d’arrêter de croire que nous devrions le phare de valeurs universelles ! Des faussaires d’ailleurs qui semblent d’une grande nullité quand on voit les anomalies reprochées !

Et, puis comme très souvent l’OQTF ne fait assez mal il y a les accusations de faux et d’utilisation de faux qui poussent les préfectures à envoyer les jeunes devant les tribunaux correctionnels ! Heureusement, dans la plupart des cas, ces tribunaux qui n’ont pas à se prononcer sur leurs papiers d’identité mais sur l’intentionnalité, rendent des jugements de non intentionnalité. Mais que d’argent et de temps perdu pour flatter les égos de quelques préfets et fonctionnaires !

Enfin, la dernière question est celle des passeports qu’ils obtiennent avec ces soi-disant faux… cela ne fait très sérieux quand l’entreprise qui les fabrique pour le Mali est… française !