Michel Touchestone

Qu’est ce que la carte NINA ?

Exemple d’extrait d’acte de naissance et d’acte de naissance




Le numéro NINA est le numéro d’identification nationale. Comme nous pouvons le constater sur les deux exemples il devrait être inscrit dans les cases du haut. La quasi-totalité des états civils que nous avons pu consulter n’ont pas ce numéro inscrit, comme l’indique nos exemples. Pour les expertises c’est une anomalie qui confirme l’acte frauduleux. D’ailleurs l’anomalie est tellement facile à repérer que des préfectures n’hésitent pas à déclarer les documents faux sans expertise ! C’est ce que nous avons pu lire dans les arguments en défense de la préfecture pour S.

Plus loin dans le même mémoire il est fait mention des nouveaux documents fournis par S, qui n’ont jamais été expertisé, ce qui n’empêche pas la préfecture de signaliser leur irrégularité car il n’y aurait pas ce numéro NINA.

D’ailleurs la lecture des jugements de TA ou de CCA nous montre l’utilisation très fréquente de cet argument – car très facile à voir -. Selon le TA ou la CCA l’absence de numéro NINA est pris en compte pour rejeter ou pas le recours du requérant. Les tribunaux devraient peut-être se poser la question sur l’absence de ce numéro qui devrait être normalement porté sur l’extrait d’acte de naissance ?

Pourtant l’absence de numéro NINA ne devrait porter à aucune interrogation parce que rien dans le Code de la Famille du Mali n’exige son inscription sur l’acte. D’ailleurs c’est ce que rappelle la Cour d’Appel d’Evreux, reprenant elle même un courrier du consulat du Mali.

cours d’appel d’Evreux

L’article 5 est celui d’une loi de 2006, la dernière version du Code de la Famille est de 2016 et l’emporte sur cette loi. De plus, la loi de 2006 « portant institution » de ce numéro n’est que la loi qui créée ce numéro ! Le cas est intéressant puisque juridiquement nous avons deux lois qui s’opposent. Normalement dans ce cas là on applique le principe de lex posterior derogat priori la loi la plus récente l’emporte. Donc celle du code de la famille. Mais cela répond aussi du principe de lex specialis derogat generali , soit la loi spéciale prime sur la loi générale. Le code de la famille étant la loi spéciale, celle portant le numéro NINA n’étant que la loi générale. C’est donc bien le code de la famille qui définit les conditions de validité de l’acte de naissance.

Il faudra attendre plusieurs années pour la mettre en œuvre… ce qui n’est toujours pas terminée. Enfin, l’article 5 de 2006 parle bien d’un numéro attribué à la naissance ! et pour ceux et celles qui sont nées avant 2006, ils et elles n’ont pas eu de NINA ! Ce qui explique qu’en cas de rectification d’acte ( cf partie volet 3) ce numéro est absent. D’ailleurs, les jeunes Maliens n’hésitent pas à le demander – comme a pu le faire S et D – et c’est pour cela que le consul rajoute : « dès lors que les mesures pratiques d’inscription du NINA sont en cours d’élaboration et n’ont pas encore été définitivement arrêtées pour l’ensemble des actes d’état civil.« 

C’est d’ailleurs ce que dit l’arrêt de la CAA de PARIS, 8ème chambre, 14/11/2022, 21PA05786, https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000046577487

Nous avons aussi pu lire dans le dernier mémoire en Défense à propos des expertises :

Cette absence de numéro NINA n’a rien avec un quelconque acte frauduleux, contrairement à ce que pense les autorités françaises. Le Mali en a pleinement conscience comme le rappelle la conférence de presse du 15 février 2020 du Haut Conseil des Maliens de l’extérieur https://bamada.net/acces-a-la-carte-nina-lame-et-le-hcme-interpellent-les-autorites?utm_source=chatgpt.com

Ainsi de nombreux Maliens et Maliennes enrolé-es dans l’opération de recensement n’ ont toujours pas leur carte NINA !

https://notrenation.com/IDENTIFICATION-DES-MALIENS-Que-cachent-les-difficultes-d-acces-a-la-carte-NINA?utm_source=chatgpt.com

La constatation de l’absence de ce numéro est un parfait exemple illustrant l’utilisation des dysfonctionnements de l’état civil Malien pour justifier des OQTF. Nous ne sommes plus dans le cadre du droit ou de la justice mais bien dans l’utilisation de cette dernière à des fins politiques. La plupart des tribunaux reprennent sans moufter, malgré les arguments des avocats, cette absence de NINA. Néanmoins quelques uns se montrent plus sérieux

Par exemple la CAA de Nançy qui annule la décision d’OQTF : CAA de NANCY, 1ère chambre, 08/12/2022, 21NC02277, https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000046732727

Ou la CAA de Nantes du 30/06/2023 22NT02243 https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000047773788

On peut remarquer que dans ce jugement qui annule la décision d’OQTF, le tribunal tient compte des démarches faîtes pour obtenir ce numéro NINA. En revanche pour les cas de S et D qui ont obtenu leur carte NINA ! ni la préfecture, ni les tribunaux n’en ont tenu compte !

EXEMPLE TROUVE SUR INTERNET DE FICHE NINA

La carte NINA est une carte d’identification créée en 2006 suite à la réforme du code de la famille malien de 1987. Cette carte n’est délivrée qu’après authentification de l’état civil. S et D. ont obtenu leur numéro NINA au consulat du Mali à Lyon.

Voir la loi 06-040 du 11 août 2006 

https://dnec.gouv.ml/roles-et-responsabilites-des-acteurs-cles-de-lETAT CIVIL/

Textes nationaux Mali p 35

Ou le journal officiel de la République du Mali p 1084

https://sgg-mali.ml/JO/2006/mali-jo-2006-28.pdf


Pour D nous avons pu lire dans le mémoire en appel d’avril 2024 que :

Ce cours extrait montre une fois de plus les procédures douteuses de la préfecture. La photocopie de la carte NINA a bien été donnée au service de la préfecture. En revanche c’est l’agent qui a refusé de la prendre prétextant qu’il avait assez de documents à sa disposition et notamment cette carte !

Face à cette irrégularité notifiée par l’avocat de D., la préfecture se contente de répondre par la menace en précisant qu’il s’agit d’une dénonciation calomnieuse envers un agent de la préfecture passible de 5 ans de prison et de 45 000 euros d’amende !

Pour appuyer la réalité des faits l’avocat répond :

Trois témoignages confirment ces pratiques dont celui de Mme … qui accompagnait D.

Pour corroborer ce mensonge de la préfecture sur cette carte NINA, il est dit clairement dans le PV d’audition de D. du 9 mars 2021.

C’est la pièce qui a été jointe comme document en défense de la préfecture le 31 mars 2021. Il semblerait étonnant que les auteurs du mémoire de 2024 n’ont pas lu ce PV d’audition et la réponse de D sur sa possession de ce document… Une administration « bienveillante » dont l’objectif ne serait pas de mettre en œuvre des expulsions se serait peut-être posée des questions ?

Rajoutons que la préfecture, ( comme de nombreuses autres après la lecture des arrêts de cours de justice ) conteste la carte NINA comme carte d’identité ne tenant absolument pas compte de la législation Malienne !

En effet, la loi instituant le numéro NINA dit dans son article 1 :

Textes nationaux Mali p 35

Les informations sur ce numéro NINA confirment bien l’identité de la personne.

Si nous faisons un peu de recherche sur ce numéro NINA nous trouvons un ensemble de documents confirmant que cette carte à valeur d’un document d’identité.

Cette fiche a une valeur de document d’identité qui confirme l’état civil.

Ainsi sur le site du Haut-Commissariat aux Réfugiés, une publication du Canada : « immigration and Refugge Board of Canada » (refworld.org/docid/598c70794.html) précise que cette carte :

Dans l’article de MaliActu.net publié le 10 février 2016

http://(https://mali24.info/problematique-de-la-carte-nina-le-gouvernement-promet-des-solutions-urgentes/)

on peut lire à propos de cette carte :

Pour le cas de S. , l’absence de numéro NINA sur son extrait d’acte de naissance est aussi contestée malgré l‘analyse par la PAF de son passeport qui détaille bien le numéro NINA qui correspond aux indications de son état civil.

En effet l’expertise réalisée le 18 mars 2022 confirme clairement que le passeport de S. est parfaitement conforme :


L’expertise conclue pourtant sur ce point :

Alors que l’arrêt de CAA Nantes 30/06/2023, 22NT02243 dit exactement le contraire : https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000047773788

On peut voir dans cette conclusion hâtive, l’absence de neutralité de la part des experts qui ne posent aucune question et ne savent pas raisonner en d’autres termes, pour le cas du Mali, qu’avec celui du faux. Là aussi on est toujours dans le cas de clichés bien assimilés !

En effet, ce qui n’est pas très flatteur, c’ est que les passeports sont fabriqués par une société française dont un ministre de la Défense de Hollande et son fils (Jean-Yves le Drian) étaient les principaux actionnaires ! Ce dernier est persona non grata au Mali pour des affaires de corruption et de concussion ! Malgré le sérieux vanté sur son site (documents à disposition) il n’y aurait aucun contrôle ! Cela tant à confirmer que les anomalies des états civils relèvent de maladresses et du dysfonctionnement et non d’une bande organisée de faussaires … ce qui induirait, par négligence la responsabilité de cette entreprise française ! D’ailleurs depuis 2025, le gouvernement Malien a changé de prestataire et c’est la Chine qui les fabrique !

https://fr.allafrica.com/stories/202503310321.html?utm_source=chatgpt.com

Les expertises, la préfecture et le TA contestent donc les cartes consulaires et les passeports alors que les informations sont contrôlées… espérons le, sinon cela n’est pas très sérieux pour cette société française ! Mais là aussi, tous les TA ne reprennent pas le même argument, ainsi la CAA de Bordeaux n° 16BX02657 du 3 janvier 2017 dit :

Enfin, le document de l’Agence des Nations Unies ( doc cité) pour les réfugiés dit :

Rajoutons, ce que nous avons noté plus haut que si 88% a été enrôlée dans le RAVEC ce n’est pour cela qu’elle a une carte NINA !

Rajoutons aussi un rapport de l’UE du 16 octobre 2013 (Mali : l’UE fait le bilan de l’observation des élections présidentielles et lance une mission d’observation pour les législatives) où il est dit (page 19)

Rapport de l’UE sur les élections

Remarquons là aussi que les cartes NINA sont fabriquées en France et que le rapport confirme leur caractère infalsifiable. Là encore, pourquoi remettre en question l’âge ou l’identité des jeunes Maliens quand ils ont ce document ? Comme pour les passeports les sociétés françaises manqueraient-elles de fiabilité?

SURTOUT :

JO Mali carte NINA

Malgré les argumentaires des avocat-es, les préfectures qui se répètent les unes aux autres commentent des erreurs qui sont malheureusement reprises par les jugements des cours administratives.

La lecture du mémoire en défense de la préfecture, pour justifier l’absence de numéro NINA sur l’acte de naissance de D comme une preuve de la falsification du document cite le TA de Rouen, arrêt du 16 mai 2023 n° 02205103. Nous avons été vérifié cet arrêt qui effectivement :

Cela permet de s’attaquer au jeune D, puisque la préfecture dit ;

89 % de la population aurait leur numéro NINA en 2009 et 2016. Le jeune garçon étant présent au Mali à ces dates il n’ y a donc aucune raison pour qu’il ne soit pas en position de ce numéro ! S’il n’est pas sur l’acte de naissance, c’est donc un faux!

C’est un argument très facile car même le guichetier peut le voir et la quasi totalité des actes de naissance ne l’ont pas ! Les Maliens tous et toutes des voleurs d’âge et d’identité ? Cela pourrait prêter à sourire si ce type d’allégation n’était pas reprise par les TA et les CCA confirmant les OQTF, l’exclusion ou la marginalisation des Maliens sur le territoire français dans la clandestinité ! Quelques juges ( rares) plus perspicaces ne tombent pas dans ce grossier piège.

Ainsi voir le jugement de la cour d’appel de Douai ( point 8 )

https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT00004971971

Ou celui de Rennes ( point 8 ) :

https://www.infomie.net/IMG/pdf/ccf_000203.pdf

Laissons de coté le fait qu’un grande partie des communes et des centres d’état civil ne soit pas informatisé, ce qui les place dans l’impossibilité d’avoir ce numéro, que les villages comme Doualé ou la commune de rattachement Diakon ne sont absolument pas équipés ( même Whatssap est difficile ! Essayez de rentrer en contact avec ces villages !), il faudrait croire sans critique que 89 % de la population dispose de ce numéro ?

Le mémoire en défense de la préfecture contre le recours de D utilise ce jugement de Rouen et notamment les 89 % pour tenter de montrer que rien ne justifie que D. n’ait pas eu de NINA à ce moment-là et que son absence sur l’extrait d’acte de naissance prouverait qu’il est faux.

La lecture de cet argument amène plusieurs réflexions

  • En 2009 et 2016 D avait respectivement 7 ans et 14 ans et vivait dans un village ! Les recensements étant très aléatoires, comme il a été prouvé, on ne peut lui faire porter la responsabilité s’il n’a pas été recensé !
  • D et S ont demandé leur carte NINA en France au consulat, il ne devrait pas être difficile de comprendre que la transcription de ce numéro du consulat en France à un village d’une commune isolée au Mali est une épreuve insurmontable surtout avec une absence de connexion internet (les Maliens comme beaucoup utilisent Whatsapps !) D’autant qu’avec les coups d’États au Mali beaucoup de documents administratifs sont bloqués, des fichiers saisis (comme celui des cartes d’identité biométrique).

Encore une fois la prise en compte de l’antériorité de la naissance par rapport à la loi insistant le numéro NINA pour expliquer son absence n’est pas du délire ! Quelques juges de tribunaux la reconnaissance.

Ou le TA de Rennes TA Rennes 6 avril 2020, N° 1905422,2000050

MAIS si on fait une recherche plus poussée sur le jugement du TA de Rouen repris par le mémoire en défense de la préfecture de D et S qui affirme que 89 % de la population aurait sa carte NINA on obtient des résultats différents. Les tribunaux reprennent aussi les mêmes erreurs !

Si l’on fait quelques recherches le TA de Rouen cite un rapport de la commission de l’immigration et du réfugié sans en donner les références. Il s’agit du site

https://webarchive.archive.unhcr.org/20230521143740/https://www.refworld.org/docid/598c70794.html

Cette page est publiée dans les archives du Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations Unies et, est donc totalement sérieuse. En revanche, le site précise bien que les publications se font uniquement sous la responsabilité de leurs auteurs et non de l’ONU.

La page dit effectivement, ce que reprennent le TA de Rouen et la préfecture de Haute-Loire, que 89 % de la population est en possession de son numéro Nina. Il faut peut-être s’interroger sur ce chiffre !

La carte NINA instaurée en 2006 (Loi n°06-040 du 11 août 2006 portant institution du numéro d’identification nationale des personnes physiques et morales) est la suite du recensement de 2009 dit RAVEC qui est pour un des pays les plus pauvres de la planète une entreprise considérable. D’ailleurs le document cité le fait remarquer :

Selon la même source,

Il est tout à fait légitime d’avoir des doutes sur ce pourcentage, pour cela il faut pousser un peu les recherches. Ce rapport de la commission de l’immigration et du réfugié cite sa source :

« D’après le site Internet malien d’actualités en ligne MaliActu.net, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile a déclaré à la presse en février 2016 que plus de 89 p. 100 de la population étaient désormais en possession de sa carte NINA (MaliActu.net 10 févr. 2016). » (https://maliactu.net/mali-ministere-de-la-securite-et-de-la-protection-civile-la-carte-nina-ne-sera-plus-un-probleme-pour-les-maliens-mais-plutot-une-solution-en-cas-de-controle/

Il est dit dans cet article pas tout à fait la même chose :

Il s’agit des élections présidentielles de 2013 et il n’est pas dit que 89 % de la population ont leur NINA mais qu’il s’agit du taux d’enlèvement lors de cette échéance électorale. Autrement dit c’est 89 % des électeurs !

Le document de la commission de l’immigration et du réfugié donne d’autres sources :

La lecture de ces sources (longues) permet de confirmer la remarque précédente :

1° Tout d’abord le rapport de la mission européenne avec un communiqué de presse qui résume la situation :

https://www.eods.eu/library/PS%20MALI%20Presidential%2012.08.2013_fr.pdf

Et l’intégralité du rapport :

https://www.eods.eu/library/EUEOM%20FR%20MALI%20PRESIDENTIAL%2017.10.2013_fr.pdf

Ce rapport de 104 pages précise que les cartes NINA remisent sont bien celles des électeurs.

Ces cartes en 2013 ont été constituées sur la base du recensement de 2009 (RAVEC)

et le rapport dit :

« L’enregistrement au RAVEC, réalisé par le MATDAT à l’intérieur du pays et à l’étranger, a été effectué en deux étapes. La première phase, dénommée « active », s’est déroulée en 2009-2010 par le biais d’équipes mobiles qui ont enregistré les données biométriques des Maliens nés en ou avant 1994. Pendant l’étape suivante, des kits d’enregistrement ont été déposés auprès des autorités communales et dans les ambassades et consulats, pour permettre l’enregistrement de ceux qui n’avaient pas eu la possibilité de le faire pendant la phase active. L’extraction des données biométriques contenues dans le RAVEC à la date limite du 31 mars 2013 a produit une liste électorale provisoire de 6.877.449 électeurs potentiels qui intègre les Maliens nés avant le 31 décembre 1994. Ainsi, ceux qui sont devenus majeurs en 2013 n’ont pas eu la possibilité de voter. »

Donc il s’agit bien de 89 % des électeurs !!! c’est-à-dire ceux et celles né-es avant le 31 décembre 1994 !

2°) D’ailleurs un des autres documents cités par la commission pour l’immigration et les réfugiés est un article de RFI en 2013

https://www.rfi.fr/fr/afrique/5min/20130728-mali-presidentielle-election-scrutin-premier-tour-fil-journee-operations

Sa consultation permet de voir que :

Il est bien dit 85 % des électeurs ce qui correspond à ces 89 % de la décision du TA de Rouen et du mémoire en défense du préfet.

Ainsi ce qui sert d’argument pour les préfectures à des soi-disant faux états civil pour les Maliens et repris par les TA qui semblent clairement ne pas faire, ou plutôt mal, référence aux arguments des avocats est inopérant. On a bien la preuve qu’une partie des juges des TA se plient aux politiques anti migratoires par des jugements qui ne correspondent à aucune réalité.

D a donc présenté aux autorités françaises un ensemble de documents confirmant son identité et son état civil (Depuis il est aussi en possession d’un passeport et d’une carte d’identité biométrique) et S a présenté TROIS documents confirmant son état civil, délivrés par les autorités Maliennes : Fiche NINA, carte consulaire, un passeport biométrique

Le rapport 2 020-081 du défenseur précise que :

Poursuivons avec la première expertise de D et le numéro NINA et voyons comment la police s’affranchit des règles d’une analyse rigoureuse.

L’expertise reconnaît que le support de l’acte de naissance (celui qui est manuscrit) est conforme (p. 5 expertise ), elle s’appuie sur la loi sur l’état civil de 1987 (n° 87-27/AN-RM du 16 mars 1987), qui a été abrogée en 2006 pour un nouveau code de la famille. En revanche cette même expertise reproche à l’extrait d’acte de naissance de ne pas avoir de numéro NINA :

« L’absence de numéro d’identification personnelle : l’article 5 de la loi n° 06-040 du 11 août 2016 portant institution du numéro d’identification des personnes physiques et morales du Mali, précise que le « numéro d’identification nationale attribué à la naissance ou l’adoption conformément aux dispositions des textes législatifs et réglementaires, est inscrit en marge de l’acte de naissance ». Le numéro d’identification, également appelé NINA, est absent de cet acte de naissance, ce qui n’est pas conforme à la loi Malienne »

Alors que les experts déclarent conforme le volet 3, qu’ils utilisent la loi de 1987 pour en faire l’expertise, il est normal de ne pas trouver de numéro NINA instauré en 2006 ! Les experts remarquent l’absence de ce numéro sur l’extrait d’acte de naissance (celui tapé à la machine). Ils précisent bien que ce support est conforme (page 7 expertise), précisant :

« Ce dernier reprend intégralement l’état civil ainsi que les mentions portées sur le registre des actes d’état civil de la commune de délivrance. Ces copies sont des imprimés dont le contenu est conforme à l’original qui a été remis gratuitement au déclarant …. )( p.. 3 expertise)

Il est donc tout à fait normal de ne pas trouver ce numéro sur l’extrait d’acte de naissance reprenant le volet 3 de l’acte de naissance répondant à la loi de 1987 à un moment où le numéro NINA n’existait pas ! De plus l’extrait de l’acte de naissance a été demandé en 2018, peu de temps après que D est demandé son numéro NINA, qu’il a obtenu et qu’a refusé de prendre en compte l’agent de la préfecture ! ( cf ci dessus ).

Gardons le plus clair pour la fin , la décision 2023-254 de la défenseure des Droits

Au final il y a des erreurs d’interprétation qui se répétent et qui pénalisent fortement les jeunes Maliens. Tout comme il semble y avoir une confusion entre l’enrolement au moment du recensement ( RAVEC) et l’obtention de la carte NINA. Nombreux Maliens et Maliennes ont été recensé mais des années n’ont pas obtenu leur carte NINA !

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https://notrenation.com/IDENTIFICATION-DES-MALIENS-Que-cachent-les-difficultes-d-acces-a-la-carte-NINA?utm_source=chatgpt.com

EN RÉSUMÉ

l’absence de NINA est considérée par les experts de la PAF et une grande majorité des tribunaux comme preuve d’un document contrefait ou d’un faux, c’est une grave erreur :

  • Ceux nés avant la loi instituant le NINA ne peuvent l’avoir sur leurs actes. Un acte d’état civil est figé à la naissance et même en cas d’obtention plus tard l’acte de naissance n’est pas nécessairement mis à jour, d’autant que la procédure est longue et complexe.
  • Nombreux Maliens et Maliennes n’ont toujours pas ce numéro
  • l’état civil est dans les divers centres d’état civil, tandis que le centre de recensement ( RAVEC) pour la carte NINA est à Bamako ( ce sont deux administrations différentes ) et de très nombreux centres n’ont tout simplement pas la connexion informatique pour opérer des rectifications !

https://www.infomie.net/article7331.html?utm_source=chatgpt.com

Donc utiliser cet argument et le prendre en compte est bien un abus de pouvoir. C’est aussi une stratégie pour piéger délibérément les jeunes. En effet, la préfecture garde les extraits pour demander une expertise, mais les maliens en ont besoin pour demander ce fameux numéro ! Coincés et pour être en règle ils sont obligés de demander une reconstitution d’acte… et les préfectures et les experts de la police répondent que c’est impossible… donc ils font des faux !